Compétition, la logistique.

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C'est ce week-end que commence vraiment la saison 2017 de concours. Alors laissons à notre Clem le plaisir de nous prodiguer quelques conseils..

" Certains épicuriens pourraient s’imaginer que le concours, cela se décide, se prépare, s’organise, au gré du vent et des envies… Que nenni ! Grave erreur ! Quelle naïveté ! Que de candeur ! Un concours, ou plus généralement une saison de concours, cela se prépare en amont (la plupart du temps). Nous allons donc ici tenter de vous définir la logistique minutieuse (ou l’improvisation artistique) accompagnant la compétition.

Tout d’abord, il y a la planification de la saison. Qu’est-ce ? Comment se fait-ce ? Quel en est l’enjeu ? Pourquoi la faire ? Où donc prend-elle place ? Qui sont les intervenants ? Mais où est donc Ornicar ?

Alors, pour commencer, selon le niveau du cavalier, elle peut se dérouler dans des endroits différents : cour d’une écurie, dos d’un cheval, milieu d’une carrière, club house, salon, bureau devant un ordinateur, … Le choix est large. Cette planification peut parfois se dérouler seul, mais en général, pour les chanceux pourvus d’un coach, cela se fait au minimum à deux (comme beaucoup d’autres choses… Bref…). Ce chiffre peut grimper de manière exponentielle, si en plus d’un coach, le cavalier est doté de propriétaires, parfois multiples, d’amis cavaliers qu’il souhaite rencontrer sur les terrains de concours, voire – cela s’est déjà vu – d’une famille lui imposant certaines dates. 

Une fois les protagonistes arrivés, il faut encore définir l’objectif de la saison : progresser, s’amuser, vendre le cheval, se qualifier pour une échéance, rien de particulier, visiter des endroits plus ou moins exotiques, ou régresser (objectif assez rarement élu, toutefois, bien que parfois atteint !). Ensuite les parties susmentionnées se placent devant un ordinateur, une tablette, un smartphone, un minitel (pour les nostalgiques), et vont sur le sacrosaint site ffecompet, pour noter avidement les différentes possibilités, qui sur un grand calendrier en papier, qui dans un agenda, qui sur un tableau excel… Là encore, il y a plusieurs écoles. Puis arrive ce jeu divertissant consistant à vérifier les durées séparant deux concours, les distances à parcourir, les niveaux d’épreuves proposées, et autres réjouissances… Le cavalier de CSO et le cavalier de dressage se contenteront généralement de tabler sur des concours de leur unique discipline. En revanche, le cavalier de complet, plus joueur, envisagera parfois des incursions dans des disciplines étrangères, comme justement le CSO ou le dressage susmentionnés, ce qui lui donnera l’occasion amusante d’adjoindre des codes couleurs à ses tableaux prévisionnels, jusqu’à ce que parfois ils aillent jusqu’à ressembler à une superposition de Guernica sur la Nuit étoilée de Van Gogh (Dans ce cas le visage du cavalier face à son écran s’apparente à la fin au Cri de Munch, surtout si l’ordinateur – souvent fourbe – plante avant la sauvegarde). Il est important de noter que, quel que soit le calendrier prévisionnel fait avec amour pendant l’hiver, il ne sera JAMAIS suivi à la lettre lors de la saison, des impondérables divers et variés venant toujours le modifier.

Une fois le calendrier prêt, on pourrait imaginer que le plus dur est fait, et que le cavalier pourra donc sereinement se reposer dessus pour se concentrer sur son travail… Encore une preuve de candeur ! Car il va maintenant lui falloir surveiller avec fébrilité à intervalles régulier les ouvertures des engagements, puis les places disponibles (la touche f5 est souvent particulièrement usée sur son clavier), ainsi que, de manière totalement accessoire mais néanmoins utile, l’état financier de son compte engageur, de son compte tout court aussi. Le versement - trop rare à son goût - de ses gains, le prélèvement - hélas bien trop fréquent, lui - du montant de ses engagements… S’il a raté un engagement, il va ensuite faire appel à tous ses réseaux sociaux pour trouver LE cavalier qui sera forfait et lui fera don de son précieux sésame, et passera ainsi plus de temps sur facebook qu’une classe entière d’adolescents de quinze ans en une semaine…

Si le cavalier de concours vous dit un jour qu’il n’a pas une bonne mémoire, sachez qu’il ment, et/ou fait preuve de mauvaise volonté : il est parfaitement capable d’assimiler par cœur simultanément son numéro de licence, le numéro sire de son cheval, les dates de ses derniers rappels de vaccination, ainsi que les dates exactes et niveaux d’épreuves des concours de la moitié de la France sur plusieurs mois, avec leur nombre précis d’engagés autorisés, voire, pour les meilleurs d’entre eux, son numéro de licence fei et le numéro de passeport des chevaux.

Il apparait donc bien évident que le terme de « saison de concours » n’est pas forcément le plus approprié, celle-ci s’étendant généralement sur bien plus de trois mois, comme on aurait pu le supposer, mais plutôt sur 10 voire 14 ou 15 mois de l’année… Certaines saisons sont même programmées jusqu’à 4 ans à l’avance, paraît-il… Enfin ça, c’est pour les très très bons cavaliers, hein ! Le cavalier standard est déjà particulièrement doué quand il s’y prend trois mois à l’avance…

Une fois que l’engagement est pris, l’épreuve visée et dûment approuvée par les autorités compétentes (Note pour moi-même : pourquoi ne parle-t-on jamais d’ « autorités incompétentes » ? Il doit bien y en avoir aussi…), le cheval et le cavalier en pleine forme physique et morale, bref, que tous les voyants sont au vert, le plus dur de la logistique est encore à venir…

(A suivre).